Le Rien et l'Expérience, "Le train"
Le train
Lumière tamisée,
Un frisson d’air traverse le compartiment,
Mon Esprit, silhouette indistincte,
Se penche légèrement, invisible au Voyageur, mais audible au public.
Murmure hors scène.
L'Esprit : "Quand le Verbe ne peut Être exprimé... la Scène le remplace."
Silence vibrant,
Le train reprend sa cadence,
Le Voyageur regarde au loin, sans Savoir.
Intérieur, Wagon de train en mouvement, Crépuscule
Sur une banquette, un Voyageur est assis. Son regard fuit par la fenêtre. Un personnage surgit silencieusement dans l’allée, c’est le Contrôleur. Mais il n’a ni casquette ni composteur. Il semble fait d’un tissu de brume et de mémoire.
Le contrôleur : Billet, s’il vous plaît.
Le Voyageur : Je n’ai pas de billet. Je suis monté à l’Appel.
Le contrôleur : Quelle est votre destination ?
Le Voyageur : Je vais vers un fragment, un fragment de moi, éparpillé dans le Rien.
Le contrôleur : (Retenant un sourire) Le Rien est une gare peu desservie. Peu en reviennent.
Le Voyageur : Je sais. C’est pour cela que j’y vais.
Un silence.
Le Contrôleur tourne autour de lui,
Comme un satellite.
Le contrôleur : Avez-vous quelque chose à déclarer ?
Le Voyageur : Un bagage. Invisible, mais terriblement lourd. Il contient une voix, celle de mon Portier.
Le contrôleur : (Plus grave) Alors vous transportez un Esprit.
Le Voyageur : Non, c’est lui qui me transporte.
La Lumière baisse un instant,
Un souffle traverse le compartiment.
Le contrôleur : (Chuchotant presque) Attention. Ici, les Esprits sont fouillés. Et les Vérités trop franches déclenchent l’arrêt d’urgence.
Le Voyageur : Alors je chuchoterai dans le Silence. J’assemblerai mon puzzle sans le montrer.
Le contrôleur : (Un sourire triste) Bienvenue à bord. Le train ne va nulle part. C’est là toute sa Sagesse.
Il s’efface dans l’ombre, comme avalé par un couloir qui n’existe pas.
/image%2F8320703%2F20250409%2Fob_394d12_djls.jpg)
/image%2F7107194%2F20250705%2Fob_09add9_train.png)