Les petits gâteaux, "Les Emmerdes et l'Expérience"
Les Emmerdes et l'Expérience
Il paraît qu’il serait bon, pour la Conscience populaire,
Que la Vérité se dissimule,
Que notre Esprit ne soit pas notre Présent,
Et que notre Âme ne soit qu’un reflet estompé d’elle-même.
Il serait plus simple, pour l’Esprit collectif,
Que le Tout demeure voilé,
Que la Conscience ne s’appuie pas sur l’Expérience,
Et que l’Âme devienne un mystère insondable.
Il serait plus confortable, pour l’Âme universelle,
Que la Réalité soit travestie,
Que notre Conscience soit guidée, orientée, façonnée,
Et que notre Esprit ne soit qu’une ombre floue de lui-même.
Je le sens,
Je ne peux pas dialoguer raisonnablement,
Sur les complexités de la vie ordinaire,
Ni sur les remous de mon environnement familial.
Mes mots semblent déplacés dans ce ballet déséquilibré.
Alors je tais mon verbe,
Je me fais carpe.
Carpe silencieuse, qui n’ouvre la bouche que pour se nourrir, qui filtre l’oxygène de l’eau à travers ses ouïes. Ma vie m’amènera d'une mare trouble, et, poussée par les torrents d’un orage, je rejoindrai un étang limpide. Puis la vanne s’ouvrira, je flotterai entre remous et courants calmes, vers une rivière sinueuse aux berges paisibles.
La séparation de ma fille, ses deux enfants, leur départ, le chemin à tracer tout près de nous, les grands-parents. Assistante sociale, pension, logement, école, meubles… Tant d’obligations, tant de tristesse à peser. Pas de cris, pas de chaos, mais un désordre sensé.
Je suis là. Je propose, j’écoute, je reste calme. et face au déséquilibre, au basculement soudain, je garde la sérénité.
Car cette expérience, même douloureuse,
Devient un orchestre sans chef,
Une symphonie d’imprévus.
Et dans cette cacophonie sans nom,
Je me pose, je respire,
Et je retrouve ma clarté.
Mon Expérience devient mon Maître.
Elle forge mon apprentissage.
Elle affine l’équilibre délicat de la justesse de l’Être.
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