Voyage avec Retour et Valise, "Le rôle de l’Âme"
Le rôle de l’Âme
L’Âme distingue le vivant de l’inerte.
On l’a nommée anme, alme, parfois même arme,
Comme si elle portait en elle une force invisible.
Dans l’enfance, mon Âme errait, en peine, voilée par les brumes d’un vague à l’Âme. À l’adolescence, elle s’est mise en berne, comme un drapeau sans vent, un silence intérieur.
J’ai malmené mon corps, j’ai maltraité mon vivant. Avec la mort dans l’Âme, ma vie a basculé, je suis tombé deux fois.
J’ai cherché à revenir vers l’essentiel, mais ce vécu n’a pas suffi. Mon Âme était fêlée, meurtrie, trop chargée de tristesse et de mélancolie.
Elle était perdue, cassée par des cicatrices jamais refermées, en déroute, sans boussole.
Il a fallu une Expérience.
Un retour.
Une Âme retrouvée,
Et la prise de Conscience,
Que l’ancienne était en friche.
Je suis passé de l’inerte,
Puis de la mort, au vivant.
Grâce à ce vécu, je m’apprécie et j’ai appris l’empathie.
Pendant un an, j’ai vécu en symbiose. Ma femme était heureuse de me voir vivant, mais ne comprenait rien à mes récits d’ailleurs.
Les enfants, eux, me voyaient autrement. Les tout-petits, moins de trois ans, se retournaient sur mon passage.
Ils ont ce don mystérieux… une sensibilité proche des animaux.
Ils voient ce que les grands oublient.
Qui étais-je pour eux ?
Je ne le sais pas, mais leur regard m’a troublé.
Peu à peu, j’ai compris : il fallait que je redevienne un peu "comme tout le monde". Rassurer, calmer les inquiétudes. Mon corps invalide effrayait, mon bien-être semblait incongru.
C’est dommage… Si tous avaient partagé mon état d’Esprit, le monde aurait été merveilleux.
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