Voyage avec Retour et Valise, "Les pâtes et l’empathie"
Les pâtes et l’empathie
Nous avons le cœur tourné vers ceux qu’on aime, notre famille, nos proches, mais aussi vers l’autre. L’autre, oui, celui-là.
Tiens, le revoilà encore.
Nous sommes des empathes, c’est vrai, mais pas en pâte. Pas malléables à l’excès, pas fondus dans la sauce des émotions des autres.
Quand j’essaie de parler avec celui-là, surtout à propos de nos réunions, j’ai cette sensation étrange, le courant se coupe net. Comme si le fil était trop court, ou le voltage trop faible.
Roger, Roger, y a-t-il un pilote dans l’avion ?
Et moi, l’empathe sincère, je me transforme en caricature.
Un représentant de Lustucru,
Un clown de kermesse,
Un disciple de la secte des « pâtes al dente ».
Alors, comme il faut bien rire de tout, j’accepte le quiproquo. Je pars en vrille, je rigole de moi-même, de lui, de nous. De celui-ci, celui-là, qui me fait tourner en sauce.
Mais attention, je maîtrise la cuisson. Et quand il est temps, j’arrête tout. Fini de rigoler. Les pâtes sont cuites.
À table.
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