Le Rien et l'Expérience, "La saturation et le voyage imminent"
Avant de voyager
La saturation et le voyage imminent
Tout commence le vingt et un décembre deux mille douze, un seuil invisible, une porte qui s’entrouvre. Puis, une semaine plus tard, le verdict du monde terrestre tombe, l’urgentiste décide de me plonger dans le coma, suspendant mon Être entre deux Réalités.
Il y a ce moment étrange où l’oxygène se fait rare, où l’Essence de mon souffle s’amenuise. Mon sang se meurt lentement, mes poumons s’épuisent, et la détresse respiratoire devient le dernier murmure du corps avant l’abandon. Mais alors que la fin semble proche, un autre état s’éveille.
Un état de grâce m’envahit, et la douleur se dissout dans une plénitude innocente. Je ne lutte plus. Je dérive. Le corps cède, mais l’Âme se révèle.
Ma respiration s’alanguit, chaque souffle se fait léger, comme une brise qui s’efface dans l’immensité. Puis plus Rien. Silence.
Et pourtant, au cœur de cet effacement, une Présence.
Une Lumière. Un accueil doux et profond.
Là où la matière se dérobe, l’infini s’ouvre.
Après les douleurs chroniques, après l’agonie d’un souffle perdu, un réveil sacré m’envahit. L’Être terrestre s’éloigne, l’Âme s’éveille dans une acceptation absolue.
Ce moment devient transition, une passerelle invisible entre deux mondes. Je suis entre deux eaux, entre deux courants, porté par une Conscience qui s’ouvre à elle-même.
Le voile se lève,
L’invisible me parle,
Je sais., et j’accepte.
Alors je dérive, je me laisse porter, et cette traversée est d’une douceur infinie.
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